Badaboum


2004 Label Mon Slip

 

© Mon Slip - Les chats Pelés
 
 
"CD d'Aujourd'hui" - Album Badaboum - LOIC LANTOINE. 2004. Act4 Productions - R&G Productions.

 

Reportage France 2 au journal de 13h00 en 2005


Badaboum
Loïc Lantoine à Bourges

 
Bourges  23/04/2004 -
En direct du Printemps
Les Têtes Raides donnaient hier leur premier concert officiel, à la Hune, grande salle de la maison de la Culture, en partageant l’affiche avec les artistes de Mon Slip, leur label de disques. Outre le cabaret grinçant de Pusse, la soirée s’ouvrait donc avec Loïc Lantoine, auteur d’un disque très remarqué en début d’année, Badaboum.
Et badaboum, justement: voici un artiste d’exception. Un chanteur? Pas tout à fait puisque, d’un point de vue technique, il ne chante guère. Il parle, scande, mélodise parfois sur quelques notes, un peu comme Léo Ferré dans Le Chien ou Le Conditionnel de variétés. Mais c’est bien de la chanson, avec des couplets, des refrains, une écriture exigeante et populaire. Et puis de la musique: le contrebassiste François Pierron (d’ailleurs fils du chanteur Gérard Pierron) joue un accompagnement très rythmique, expressionniste, éruptif.
Loïc Lantoine, personnage incandescent aux gestes d’oiseau ivre, ce serait un chanteur d’après Jacques Brel, mais qui n’aurait rien oublié d’Aristide Bruant. Sa parole - singulière, heurtée, truculente, comédienne – s’enracine dans la réalité sociale populaire des villes du Nord («Par chez nous», dit-il souvent). Dans ces histoires de bistrot, de solitude partagée, d’humains dont les vies de frottent les unes aux autres, il jette de larges poignées d’amour, de fraternité, d’empathie. On retiendra ainsi Faut pas dire de mal de Johnny, qui est peut-être la plongée la plus instructive qui soit dans l’univers mental et affectif des fans d’Hallyday.
Bertrand  Dicale





Loïc Lantoine
Au Lavoir moderne parisien, 35, rue Léon, Paris XVIIIe.
Tél. : 01 42 52 09 14. Jusqu'au 11 décembre.
CD : «Badaboum», Mon Slip.
  
Loïc Lantoine séjourne trois semaines au Lavoir moderne parisien, petite salle au charme rustique située en plein coeur de la Goutte-d'Or. Jusque-là , on avait pu l'entendre à  l'Européen et en première partie de Bénabar, Jeanne Cherhal ou Têtes Raides. C'est de la «chanson pas chantée» aux contours rugueux, tonalité primaire, sans ronds de jambe.
 
«Ses plaies sont nos oreilles», dit un confrère chanteur en sortant du spectacle. Fils ch'timi d'un père ouvrier et d'une mère postière, ayant grandi dans le quartier populaire de Wazemmes, à  Lille, Loïc Lantoine ne prétend pourtant pas offrir autre chose que du divertissement. Disant cela, il se laisse la liberté de prendre l'assistance à  rebrousse-poil, peut-être aussi parce qu'il se contrefiche de ce que recouvre la notion d'artiste. «Les salles de spectacle m'ont longtemps terrorisé, dit-il. Rien que l'ouvreuse, c'était déjà  pour moi une star du rock'n roll.»
 
Il y a dix ans, Loïc Lantoine croise, à  un festival dans l'Ariège, le contrebassiste François Pierron, fils du marin-chanteur Gérard Pierron. Cela fera bientôt cinq ans qu'ils font «la cascade ensemble». Rodé au dialogue avec l'instrument frappé (percussions) ou caressé (harmonies), le diseur s'est plongé dans l'oeuvre de Gaston Couté qu'il mêle, puissante voix de vin et de tabac, à  ses propres textes. Le chanteur Allain Leprest l'y encouragea aux ateliers d'Ivry.
 
Réalisme égrené façon lettriste, écriture aux mains calleuses, ce lecteur de Supervielle, Norge et Michaux, sert sa poésie ouvrière avec une hargne punk. Soufflant «le chaud et le froid», le garçon passe au tamis ses rêves à  boire, le destin d'un Majid qu'on veut «charteriser» («J'peux enfin m'prendre du repos, j'ai dégotté le soleil/S'i's'couche sur une bière, c'est la mer»), des histoires de retour sur la honte, la colère, les peurs, la fierté et les espoirs de ceux qui «n'ont pas le même accent qu'à  la télé».
 
«C'est en arrivant à  Paris que je me suis rendu compte que je faisais partie des imbéciles heureux qui sont nés quelque part», avoue-t-il. Sur scène, pieds rentrés, il en joue avec malice et effronterie, rappelant Brel dans les Bonbons. Il fait le timide, le maladroit, l'idiot du village. Arrachant d'un coup sa chemise, il découvre un T-shirt à  l'effigie de Johnny Hallyday. Il campe alors un fan houspillé. Enervée, sa voix se chauffe comme un moteur de Harley. C'est le clou du spectacle :«Oooooohhhh. Faut pas dire du mal de Johnny ni... de Johnny.»
 
Sur le côté de la scène, Jean Corti se régale. L'ancien accordéoniste de Brel fut en effet l'un des premiers à  découvrir ce garçon de 31 ans, dans les bistrots où il a longtemps passé la casquette. C'est également lui qui a établi le contact avec Têtes Raides. Le groupe néoréaliste en a fait une signature de son label, Mon Slip. Trois semaines d'enregistrement mixées par Jean Lamoot (Bashung, Juliette Gréco, Dominique A) ont donné naissance à  l'album Badaboum. Les chansons s'y fixent après s'être essayées à  toutes les improvisations. C'est par le dernier titre de l'album que Loïc Lantoine commence et finit son spectacle : «Les mêmes rues/A réapprendre/ Celles disparues/Qu'il faudra rendre/Un demi-tour en ligne droite/Quand le coeur lourd/ Cherche la date/ Qu'est-ce que le temps/Peut-être rien/On lève le camp/On se souvient/Je reviens.» D'accord.


Critique Badaboum par Froggy's Delight

"Mais alors vous faites quoi?"
 
"De la chanson pas chantée"
 
"Ben, vous chantez pas alors ?"
 
"Non"
 
"Ben c'est pas d'la chanson alors ?"
 
"Ben si, c'est d'la chanson pas chantée, t'es con ou quoi?"
 
L'introduction de Badaboum commence comme un clin d'œil à cette spécialité française de placer les choses dans une case. Loïc Lantoine et le contrebassiste François Pierron n'échappent pas à la règle mais ne se posent plus la question. Badaboum est bel et bien un album de chansons. Des chansons singulières, il est vrai. Les deux compères ont leur univers poétique et musical et nous trimballent au gré des mots réalistes de Loïc et de la contrebasse fracassante de François.
 
Pour Loïc Lantoine, l'histoire musicale commence en 1999, un peu par hasard. Une collaboration avec Alain Leprest pour un album de Jehan - Les ailes de Jehan - lui permet de faire "ses premiers pas dans le boulot", comme il dit. Viennent ensuite la rencontre avec François et ce premier concert qui en appelle déjà beaucoup d'autres…. Depuis, les deux lascars ne se quittent plus, écrémant les bistrots parisiens et de province, les salles plus grandes et les festivals.
 
Puis vient la rencontre avec les Têtes Raides qui débouchera non seulement sur une belle amitié mais également sur Badaboum, album rare et précieux produit par Mon Slip, label du groupe parisien. Loin de la simple retranscription de leurs prestations scéniques, les chansons prennent le large au contact des copains de passage, les Têtes Raides bien sûr mais aussi Jean Corti, accordéoniste de Brel et compositeur de l'emballant Manneken Pis. Les membres de la Rue Ketanou, collègues de la première heure, participent également à ce "grand bazar".
 
Tout au long des 14 titres de l'album, la voix de Loïc et la contrebasse de François nous livrent des histoires, celle du "Mauvais ouvrier", de "Majid", du "Capitaine de Marie-Salope" et exhortent le côté punk qui sommeille en chacun de nous. Les chansons défilent et, peu à peu, on se laisse embarquer pour un voyage dont on ne reviendra pas indemne. La richesse des sonorités et du rythme nous enivre et fait "Badaboum" dans nos têtes. Inutile ici de chercher une comparaison fumeuse avec tel ou tel artiste, il n'y en a pas. Ils sont singuliers sans être élitistes, poètes sans être chiants, électriques en restant acoustiques et portent le verbe haut sans être prétentieux. Des artistes attachants et généreux comme on en voit peu.

 


 


En mai 2004, le numéro 2 de Francofan publie un interview de Loïc et François

 

Badaboum

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron
 

« Mais alors vous faites quoi ? »
« De la chanson pas chantée »
« Ben, vous chantez pas alors ? »
« Non »
« Ben donc c’est pas d’la chanson ?»
« Ben si, c’est d’la chanson pas chantée, t’es con ou quoi ?»
 
On a duuuuuuuuuuuuuuuuuuuu .....
..... brouillard dans l’ cigare
Mais on refuse d’être dans l’ cirage
Quand dans le bordel on s’égare
C’est pas qu’on n’essaye pas d’êtr’ sage
On en trouve encore à nous dire
Qu’on n’a rien compris à la vie
Arrête un peu ou on va rire
Ou explique nous si t’as envie
C’est vach’ment compliqué d’êtr’ né
Mais c’est marrant d’être vivant
On est tout le temps étonné
Et puis on s’ra pas mort avant
 
Alors .... c’est quoi, c’est ça la vie ? ..
Ben ça résonne
Boum boum Badaboum
Un coup par terre
Un coup de boum boum Badaboum
Un coup t’es bien l’autr’ t’es à
Boum boum Badaboum
Tu pioches dans l’or ou dans la
Boum boum Badaboum
Ta tête c’est calme ou bien elle
Boum boum Badaboum
 
Si on sait pas tout l’ temps bien faire
C’est qu’on comprend rien au bazar
D’un bon Dieu ou d’un Lucifer
C’est quand qu’ c’est bien
C’est quand qu’ c’est marre
Alors ben on devine, on devine
Y a même des fois où on s’en doute
On danse dans un champ de mines
Puisqu’il y a trois milliards de routes
Une tête un corps palpitant
Et démerdez-vous mes chéris
On n’est pas armé pour longtemps
J’ai un pote il dit qu’ ça suffit
 
Alors c’est quoi, c’est ça la vie ?
Ban ça résonne
Boum boum Badaboum
Un coup par terre Un coup de
boum boum Badaboum
Un coup t’es bien l’autr’ t’es à
Boum boumBadaboum
Tu pioche dans l’or ou dans la
Boum boum Badaboum
Ta tête c’est calme ou bien elle
Boum boum Badaboum
 
Ça empêche pas de dire bonjour
Ça empêche pas les éclats d’ rire
J’ te parle pas des histoires d’amour
Ou du poulet qu’on a fait cuire
On comprend rien
mais on y va
Et c’est là que ça devient beau
C’est parce qu’on est tous dans l’ même cas
Qu’ faut avouer qu’ c’est rigolo
Alors tu parles je me tais
Et puis si tu ris ben je pleure
Faut qu’on soit tous à s’aimer
A part machin là et sa sœur
 
Alors c’est quoi, c’est ça la vie ?
Ben a résonne
Boum boum Badaboum
Un coup par terre Un coup de
boum boum Badaboum
Un coup t’es bien l’autr’ t’es à
Boum boum Badaboum
Tu pioche dans l’or ou dans la
Boum boum Badaboum
Ta tête c’est calme ou bien elle
Boum boum
Badaboum
C’est grave
 
« Mais alors, vous faites quoi ?»
« De la chanson pas chantée »
« Mais alors, vous chantez pas alors ? »
« Mais si ! »
« Mais non ! »
« Mais non, j’suis con ou quoi ! »

 


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Je cours

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron


Une des première version en live à l'Ailleurs,
de la presque vraie chanson pas chantée




Les cheveux de ma sœur, capturés par ma main
Fallait pô qu'elle m'embête 
Là faut qu'on se console,
Son sourire sous ses larmes
J'lui dirai qu'j'l'aime demain ..
En attendant, Frangine,
Nos joies creusent des rigoles
Les dix balles à bonbons piquées à ma maman
A la bourse de l'amour font une fortune d'un rien
Son cahier à chansons chanté de temps en temps
Quand je m'en foutais bien 
J'avais tout .. Les miens ..
Les soirs de réveillons, on osait s'embrasser
M'en fous du .. comment ? .. Père noël
Faut voir c'qu'on était beau
Et les dimanches d'ennui où mon père me f'sait des jouets, Ouais !
Comment on dit par chez nous 
Ch'est du sang, ch'est nin d'l'eau
C'est du sang, c'est pas d'l'eau


Je cours
Dans l'autre sens de la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien 
Et le temps ne me laisse
Que souvenirs et regrets
Et je cours ..
 
Plus tard des amitiés qui s'oublient doucement
M'ont bousculé la tête
On s'est tant canaillé, on fumait en cachette
T'as vu l'voyou .. Le grand !
On trichait à l'école, même pendant les dictées
On a dragué les filles ..
On en a eu quelques-unes qui m'ont appris des trucs ..
J'aurai jamais cru ça !
J'ai su qu'un p'tit derrière, ça pouvait être une dune
Qu'si tu mélanges des lèvres..
Bah t'as le cœur qui bat !
On s'est construit le monde, avec nos regards neufs 
Le lendemain un autre venait le remplacer
On avait tout compris .. De la poule ou de l'œuf 
Mes frères de petit grand 
Vous m'avez dessiné
 
Et je cours
Dans l'autre sens de la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien 
Et le temps ne me laisse
Que souvenirs et regrets
Et je cours ..
 
Et quelques pas plus tard, je suis tombé d'amour !
Pour une pas pareille qu’a su me faire pousser
Rien que d'y re..rêvé, je crois qu'la vie ..
J'suis pour !
Nos rires sont ma fierté, on a tout inventé
On a appris nos corps, on a mêlé nos têtes
Et on s'est ressemblé, des jumeaux amoureux
De la peur de grandir, on a fait une fête !
Y'en avait plein pour nous 
Et un peu moins pour eux.
Si les ans … Bah voyons !
Nous on r'fait étrangers
Je recompte en moi nos dizaines de milliers d'heures, alors 
Alors c'est pas toi qui m'apprendras à langer…
Porte toi bien p'tite Madame !
Je vous rends au bonheur 
 
Je cours
Dans l'autre sens de la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien 
Et le temps ne me laisse
Que souvenirs et regrets
Mais je cours..
Et vivement demain !



 
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Le Manneken Piss

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : Jean Corti 


Toi mon p’tit bonhomme, lui disait sa mère
Si tu continues, à courir dehors
Tout nu comme un ver, ton zozio à l’air
Il t’arriv’ra que tu chop’ras la mort
 
Maman tu m’embêtes qu’il lui répondait
Je fais qu’est-ce que j’veux, J’ai bientôt 6 ans,
Ça m’fais rigoler. Les habits c’est laid,
j’fais pipi en l’air, j’embête les grands.
 
Le temps passe et le Manneken Piss
 
Et le p’tit voyou aux petites fesses rondes
Buvait la fontaine pour faire munition
Rire, c’est si marrant
C’est la plus belle fronde
Il mouillait la ville, il f’sait grimper les troncs
 
Ce jour-là, pourtant, il gèle sur Bruxelles,
Et le garnement, excusez la peine
A pas senti l’froid, il riait d’plus belle,
Il s’est statufié près de la fontaine
 
Le temps passe et le Manneken Piss
 
Le temps Pisse et le Manneken passe

 
 
 
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Mauvais ouvrier

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron


Une des première version en live à l'Ailleurs, 
de la presque vraie chanson pas chantée




 
Mauvais ouvrier, mauvais compagnon
J’ m’ai cassé la gueule dans mon tour de France
Mon chef-d’œuvre était de la mettre en transe
Quand l’œuvre est immense c’est perdu d’avance
Mauvais ouvrier, mauvais compagnon
On compte plus les failles dans ma cathédrale
Les carillons d’or font des bruits de mort
Les vitraux cassés m’ont tranché le corps
On compte plus les failles dans ma cathédrale
Ah, merde j’ai l’amour ah merde
J’ai l’amour ah merde J’ai l’amour amer
Le chœur en chaos Y a ma tête à terre
J’ai le béguin bègue J’ peux plus travailler
 
En femme de ménage je n’étais pas bonne
Mon p’tit lit d’amour a les draps trop sales
Ça sent l’ renfermé ma cliente elle râle
J’ crois bien qu’ le pourboire ce sera peau d’ balle
En femme de ménage je n’étais pas bonne
Le garçon d’ café s’est vite fait virer
Quand on pleure tout l’ temps les piliers se barrent
Sur les genoux d’ la fille j’ai vomi le bar
Dans le fond des verres l’amour se fait rare
Le garçon d’ café s’est vite fait virer
Ah, merde j’ai l’amour ah merde
J’ai l’amour ah merde J’ai l’amour amer
Le chœur en chaos Y a ma tête à terre
J’ai le béguin bègue J’ peux plus travailler
 
J'prends l'équipe de nuit, faut gagner sa mie
Il faut qu'je l'usine pour qu'elle prenne du lustre
L'ennui à la chaîne, voilà qu'elle se frustre,
Qu'elle préfère les mains calleuses d'un rustre
J'prends l'équipe de nuit faut gagner sa mie
Ouh dans ma salle de classe mon élève se lasse
J't'explique pas les vers, l'amour ça se vit,
L'orthographe du cœur ça s'fait à l'envie
Fallait rien dicter là, elle est partie, 
Dans ma salle de classe mon élève se lasse
Ah, merde j’ai l’amour ah merde
J’ai l’amour ah merde J’ai l’amour amer
Le chœur en chaos Y a ma tête à terre
J’ai le béguin bègue J’ peux plus travailler
 
C'est partie remise boit ton RMI
Prend la longue file des cœurs au chômage
Fais les p'tites annonces sans perdre courage
Pour trouver l'embauche des yeux sans orage
C'est partie remise, bois ton RMI
Ah, merde j’ai l’amour ah merde
J’ai l’amour ah merde J’ai l’amour amer
Le chœur en chaos Y a ma tête à terre
J’ai le béguin bègue J’ peux plus travailler

 


 
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L'averse

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron
 

Je nous perdais…
C'était exprès.
Quand ma main espérait la tienne.
Tu souriais, je me taisais,
Attendant que mes forces viennent…
Pour un rien, un semblant de caresse.
Tu savais qu’on n’allait nulle part.
Je séchais mes doigts en cachette
Tout en engueulant mon espoir
Qui voulait pas payer sa dette :
Mon nom sur ton carnet d’adresse.
Qu’est-ce que j’aurais bien pu te dire ?
Je voulais être une évidence.
J’ai bien essayé de te faire rire
En hésitant des pas de danse,
Comme fidèle à ma jeunesse.
J’osais penser à une maison qui serait à toi et à moi.
Puis je voulais demander pardon.
Qui je suis puisque on se connaît pas..
C’était pt’être qu’un chemin d’ivresse.
On se raccompagnait en trottoirs.
Mon bonheur cherchait ses tréteaux.
Tu étais compagne de mes trop tard.
Surement qu’on s’arrivait trop tôt …
Parfois les calendriers blessent.
Et quand ta paume s’est retournée…
C’était juste pour goûter la pluie.
Et puis ton sourire s’est éloigné.
Tu n’as pas vu de ton abri…
Mes larmes cachées par l’averse

 
 
 
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Intermède de qualité

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron 


Pille pouille
Bille bouille
Fille fouille
Nie nouille
Douille dille
Mouille mille
Trouille trille
Couille quille
Oh ! Pour te faire marier, j’ te d’mande en divorce

 
 
L'intermède de qualité en live au lavoir moderne parisien à 4'14



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Côté Punk

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron et La Rue Kétanou
 

Une des première version en live à l'Ailleurs, 
de la presque vraie chanson pas chantée





J'arrive le matin au bistrot du coin
Je m'installe sagement, l'âme sans tourment
J'ai plein de trucs à faire qui pourraient me rendre fier
J'commande un café pour me réveiller
J'brûle une cigarette mais bientôt j'arrête
Je me frotte les mains c'est maintenant demain
J'vais pouvoir me construire un bel avenir !
Mais là j'sais pas ce qui se passe
J'commande un verre et son p'tit frère
Un pour la route, un pour l'retour
J'm'accroche au bar c'est là qu'on s'marre
Je parle d'amour à des gens sourds
Arrive le soir je peux plus boire
J'me suis vautré...zut, encore raté
 
J'y peux rien, c'est mon côté punk
C'est le vieux démon qui démonte mon monde
J'y peux rien, c'est mon côté punk
J'ai la vie en vice qui s'fout d'mon avis
 
Beau temps dans mon ventre, aujourd'hui j'rencontre
J'ai la tête en fleur, elles me voient, elles meurent
D'amour va sans le dire pour elle j'peux mourir
On s'accroche les yeux et on fait des vœux
Nous deux ça sera grand, moi jamais je mens
Confonds-toi en moi je suis fendu de toi
Mon p'tit canari j't'emmène... à Paris !
Mais là j'sais pas ce qui se passe car sur la route v'là qu'je banqueroute
Pourquoi qu'elle m'aime, j'vaux pas la peine
Elle est trop bonne, elle doit être conne
J'ouvre la portière, pied au derrière
Ma p'tite amie est en bouillie
Qu'est-ce que j'ai fait ? J'crois qu'je l'aimais !
 
J'y peux rien, c'est mon côté punk
C'est le vieux démon qui démonte mon monde
J'y peux rien, c'est mon côté punk
J'ai la vie en vice qui s'fout d'mon avis
 
J'suis toujours à faire d'une chose le contraire
Je sais pas c'qui s'passe, j'dois être à la masse
Mon vouloir se meurt, monsieur le docteur
Vous allez m'aider, je saurai vous payer
Je ne veux qu'une seule chose c'est que ma tête se repose
J'suis plutôt dans l'fond un gentil garçon
J'veux y parvenir, à mon bel avenir...
Mais là j'sais pas c'qui s'passe
Ça sert à rien dit le médecin
Séchez vos larmes, rangez cette arme
Quand il y a des balles, ça peut faire mal
Là je prends sa tête, y'en fait une tête
J'la mets à terre, sa gueule à terre
L'est mal barré, je vais tirer

 


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Aux étoiles

 Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron


J'ai chanté aux étoiles mon amour pour toi
Et j'ai fait le calcul
Ma voix leur parviendra dans 3 milliards d'années
Surement elles vont s'éteindre
De n'avoir pu t'aimer car moi seul peut t'étreindre
A ton seul souvenir mon bonheur perle en larmes
Et s'en va, dévaler en cascades et vacarmes
Si la ville panique
Ça n'est que d'ignorer que mille torrents d'amour s’en viennent l'abreuver
 
Qu'on me redise un jour que l'amour n'a qu'un temps
Tant que courra l'amour, je t'aimerai autant
T'en fais pas mon amour
Laissons le défiler 
Il est temps de s'étendre pour mieux le défier
 
J'ai voulu voir du beau ailleurs que sur ton corps
Mais mes yeux sans repos doivent fouiller encore
Je n'ai d'autre sommeil que dormir sur ton ventre
Je n'ai d'autres folies que rentrer dans ton antre
J'ai le cœur qui pense et la tête qui pompe
Bonheur d'être à l'envers là, raison qui s'estompe
Quand de tes doigts glacés tu me brûles la peau 
Quand dans tes petits bras je couche en un château
 
Et qu'on me redise un jour que l'amour n'a qu'un temps, nan,
Tant que courra le temps je t'aimerai autant
T'en fais pas mon amour
Laissons le défiler il est temps de s'étendre 
Pour mieux le défier
 
S'agit pas d's'en aller sinon qui va m'aider ?
Me dire qu'il faut manger puis aussi respirer 
Je ne sais plus rien faire que de penser à toi
Nan c'est vrai, j'exagère, je veux parler de toi 
Tu t'es offerte à moi et j'ai gagné ma mort 
Ma même, ma pareil
Me voilà couvert d'or pour te dire que je t'aime
J'ai dû en faire des couches 
A ton prochain sourire j'en rajouterai trois louches 
 
Et qu'on me redise un jour l'amour n'a qu'un temps 
Nan, tant que courra le temps je t'aimerai autant
T'en fais pas mon amour
Laissons le défiler il est temps de s'étendre 
Pour mieux le défier



 
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Deux mains

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron et Nicole Guinamard 


Une des première version en live à l'Ailleurs, 
de la presque vraie chanson pas chantée





Deux mains se mélangent, c'est la première fois
Deux peaux étrangères s'arriment aux pores 
Mouillés de sueur, nouveaux ébats
Vingt doigts sont paumés
Images des corps enlacés, 
Lascifs, et commencent une danse
Les ongles en griffes cherchent à rentrer
Mais une paume douce calme leur démence
Les doigts s'endorment, la chair apaisée
 
Deux mains se séparent, la peau se fait sèche
Les doigts se retirent, se roulent en poings
L'annulaire à l'air d'être mis à l'index
Les bras les balancent, menaçant de loin
Deux mains de maîtresse trahison sans gants
Et y tourne les pouces et poussent le trouble
Les ongles aiguisent un retour sanglant
Mais l'autre poignet réclame son double
 
Deux mains se retrouvent, s'accrochent à nouveau
C'est la marée lente des cœurs des amants
Qui gonflent les veines des mains sous la peau
Et qui chassent le sang quand l'amour fout le camp
Deux doigts qui se frôlent reprennent espoir
Touchent deux mains, caressent la foi 
Des couples heureux qui d'amour en gloire, d'amour
S'apprennent par cœur sur le bout des doigts

 
 
 
 
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Capitaine de Marie-Salope

Paroles : Loïc Lantoine  sur une idée de Frédérique Freame


Une des première version en live à l'Ailleurs, 
de la presque vraie chanson pas chantée





Capitaine de Marie-Salope,
D'un navire qu'est pas un navire,
C't'un coup à voir les flots en flop
Capitaine voudrait dire "partir".
Oui mais la poubelle reste à l'estuaire,
Et le marin rêve de braver le large,
Pourtant "hisse et ho!" il sait,
Rien à faire. Qui restera au port
A devenir barge.
 
Qu'est ce tu veux en faire d'un pareil navire?
Pas de bois, d'épices,
Mais d'la vase, des feuilles,
C'est tout ce qu'on débarque,
Cargaison de pire il partira pas
De ce triste écueil.
Où s'en va sa tête
Marin dérisoire qui veut plus personne?
Tout seul et amer, et quand à l'amour,
Le plus dur reste à boire,
C'est sa seule idée du néant d'la mer.
 
Capitaine de Marie-Salope,
En draguant les fonds,
Touchant le fond voit
Marie. Aux nuits interlopes
Emerger de dans ses fanons
La pauvre Marie sûr qu'il la connaît,
C'tait pas un exploit de s'enticher d'elle.
Elle avait choisi c'ui qui promettait,
Un gars au long court qui la trouvait belle.
Son marin Marie, elle l'avait dans la peau,
Fallait la voir fière éclairer la ville!
Mais il s'est barré, barré son bateau,
Tâter de la fille dans quelques Antilles.
Depuis lors la douce était fille de port.
Dans la rue qui glisse au pied du grand large,
En vendant ses nuits, regardant la mort,
Qu'elle a rencontré cette nuit d'orage.
 
Capitaine de Marie-Salope,
Voit l'amour dans ce corps sans vie.
Un miracle pour ce misanthrope,
La plus belle est venue jusqu'à lui.
Sa tête embrumée aux embruns de Rhum,
Fait des vagues de larmes qu'on croirait de joie.
Ondine endormie,
Je serai ton homme,
Je te garderai tout auprès de moi.
Sous le vent marie, sous le vent du nord,
La prend dans ses bras et descend dans la cale
D'la Marie-Salope
Son amour, dort, et le tonneau de taf
D'une lointaine escale sera son repos.
Il la plonge, l'enlace, et puis s'émerveille,
Ses cheveux s'envolent, flottants,
Algues vertes, prairie des sargasses,
Voilà sa revanche!
Une passion folle.
Capitaine de Marie-Salope,
Et sa belle morte à peau d'ivoire
Se retrouvent quand le Rhum s'écope,
Tous les soirs il s'en vient la boire.
Et là de longues heures parle à son amour,
De ce que toujours il l'avait voulue,
De son triste sort, marin au p'tit court,
De la seule mort, celle quand on s'aime plus.
Pourtant, que peut faire la plus belle des mortes
Pour changer la vie sans vie du marin?
Lui s'en doutait bien, et des lices fortes
Seul le réconfortent le tafia et...rien.
Il vide le tonneau, Marie, déconfite
S'en va pour de bon et le capitaine
Fracassé délire, l'amour prend la fuite
Et sa tête aussi en buvant sa peine,
Capitaine de Marie-Salope
Voit partir celle qu'il aima fort.
Son navire quitte le bord et hop!
Il s'éloigne, loin du Sémaphore.

 





NB : Définition de la marie-salope
Bateau de type chalan, barge utilisée pour recevoir les produits de dragage d'un port ou d'un chenal et les transporter jusqu'en mer (y compris via le réseau fluvial) où elle les rejette. Elle possède le plus souvent un fond qui peut s'ouvrir pour opérer ce rejet qu'on nomme clapage.


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A l'attaque

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron

 
Ce sont les flammes d'une colère
Qui viennent embraser le regard
De l'éparpillement de mes frères
Mes copains du c'est pas trop tard
C'est une joie démesurée
De faire les grandes découvertes
De nos histoires sans passé
De nos conneries recouvertes
Notre fierté d'être sans haine
Et de retourner au charbon
En gueulant les gars faut qu'on s'aime
Et le chemin sera moins long
Et c'est pas fini et ça continue
Vas-y patron sers moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l'heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir
 
Si on fait la collec' des rires
C'est pour préparer nos combats
C'est parce qu'on sait pas trop quoi dire
À part regardez plus en bas
Et si on mélange nos pleurs
Dans une mer d'amitié
C'est qu'il nous reste un peu de peur
Et qu'on a su la partager
Quand de sublimes engueulades
Viennent allumer le petit jour
C'est la honte d'un malade
Et c'est pour ça qu'encore on court
Et c'est pas fini et ça continue
Vas y patron sers moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l'heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir
 
Et vos têtes en timidité
Tellement vous aimez les autres
Pas besoin de vous imiter
Parce que j'vous aime c'est vous mes autres
Quand la folie dévaste tout
On voyage par petits bouts d'phrase
Un tour de terre en rien du tout
C'est notre cafard qu'on écrase
Quand on reprend le temps de s'asseoir
Au comptoir des quand même content
On s'dit que ça s'appelle l'espoir
On s'dit qu'on a encore du temps
Et qu'c'est pas fini et qu'ça continue
Vas y patron sers moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l'heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir
À l'attaque, à l'attaque, à l'attaque, à l'attaque
À l'attaque


Version plus acoustique que sur l'album, en live à Méricourt, avec Karim Arab :

 
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Majid

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron 



J'peux enfin m'prendre du repos j'ai dégoté l'soleil
S'i's'couche sur une bière, c'est la mer
S'il est pas fou c'est une merveille
Qui met l'cafard en état de guerre
Sûr c'est pas du Pôle nord son sourire brûlant
Son voyage n'est que d'ici
On le croit d'ailleurs c'est marrant
Lui qui pensait n'avoir qu'une vie
Imagine Si Magid s'en va
Et nos rêves
Qui donc les boira
 
On a tout regardé mon grand frère sans papier
On a rêvé tous les mélanges
Je n'aurais jamais parié
Qu'un jour on t'dirait qu'tu déranges
Voici l'heure ma grande gueule
De faire taire ton honneur
Toi qui portait la tête haute
T'apprendras tes chaussures par cœur
Les flics du métro savent ta faute
Imagine Si Majid s'en va
Et nos rêves
Qui donc les boira
Imagine
 
Paraît qu'y en a qui veulent charteriser Kaddour
Qu'on veut virer notre prince arabe
Qu'on orphelinise donc sa cour
Qu'on le perde dans un panier d'crabes
Et nos larmes amères couleront le pays
On n'a pas le cœur en mappemonde
Qui peut prétendre trier nos vies
Affûte les armes de la fronde
Imagine Si Magid s'en va
Et nos rêves
Qui donc les boira

 
 
 
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A travers temps

Paroles : Loïc Lantoine ;  et Musique : François Pierron


 

Elle a quinze ans, voyez-vous ça
Et s'apprête à devenir femme
Sa beauté cache, croyez-vous ça
L'enfant qui prend des airs de dame
Elle a quinze ans, voyez-vous ça
Et plante ses yeux dedans les miens
Et fièrement, croyez-vous ça
Elle rit et propose sa main
 
Et mon regard trahit sa flamme
Je veux que vous soyez ma femme
Revenez-moi ma toute belle
Quand les ans vous auront grandie
Dans cinq ans mon cœur vous le dit
Que le vôtre me soit fidèle
 
Elle a vingt ans, voyez-vous ça
Belle à parler avec les anges
Cette pureté, croyez-vous ça
Me brûle l'âme et me mange
Elle a vingt ans, voyez-vous ça
Il n'est d'homme qui ne la prétende
Je n'ose pas, croyez-vous ça
Regarder ses mains qui se tendent
 
Mais mon regard trahit sa flamme
Je veux que vous soyez ma femme
Revenez-moi ma bien trop belle
Quand les ans vous auront mûrie
Dans vingt ans mon cœur vous le dit
Que le vôtre me soit fidèle.
 
A quarante ans, voyez-vous ça
Chacun de ses mots est d'or pur
Si c'est un livre, croyez-vous ça
Sa beauté a fait la reliure
A quarante ans, voyez-vous ça
Tous cherchent ses paroles douces
Je n'entends pas, croyez-vous ça
Sa bouche réclamer ma couche
 
Mais mon regard trahit sa flamme
Je veux que vous soyez ma femme
Revenez-moi Douce prêcheuse
Quand les ans vous auront ternie
Dans quarante ans
Mon cœur vous le dit
Et je vous ferai femme heureuse
 
Quatre-vingt ans, voyez-vous ça
Et ses yeux transpirent le monde
Sa perfection, croyez-vous ça
Fait qu'avec tout elle se confond
Quatre-vingt ans, voyez-vous ça
Sa main fraîche presse la mienne
Elle est venue, croyez-vous ça
Commencer une histoire ancienne
 
Mais mon regard éteint sa flamme
Pardonnez-moi ma bonne femme
De n'avoir gardé qu'un instant
Ma compagne, ma sœur, mon envie
J'ai vécu pour vous cette vie
Et je vous aime à travers temps.

 
 
 
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Je renais

Paroles : Loïc Lantoine et JeHan ;  et Musique : François Pierron 



Les mêmes rues
A réapprendre
Celles disparues
Qu’il faudra rendre
Un demi-tour
En ligne droite
Quand le cœur lourd
Cherche la date
Qu’est-ce que le temps
Peut-être rien
On lève le camp
On se souvient
Je reviens
 
Et ces vieux airs
Dans mes poumons
Ou que sifflèrent
Mes compagnons
Le sang revient
Cogner mes tempes
On se sent bien
Dans nos vieux temples
Et mon sourire
M’avait suivi
Y a plus de pire
Je suis ravi
Je revis
 
Nouvelle adresse
Un autre amour
Avec l'ivresse
Des nouveaux jours
Mêler l’espoir
Et l’aventure
Aux vieilles histoires
Qu’ont la peau dure
Mon cœur qui bat
Sous une enseigne
Je regarde là
Plus rien ne saigne
Je re-aime
 
Y a plus d’avant
Je sors de l’œuf
C’est quand maintenant ?
Je suis tout neuf
Je ne sais rien
Tout me rétonne
Je me sens bien
A qui j’en donne ?
C’est rendez-vous
Là où j’étais
Si c’est chez nous
Je vous r’connais
Je renais

































































































 
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