NB - En enregistrant ton disque "Chansons du temps qu’il fait", dans les années 2000, est-ce que le passage d’une composition initiale à la guitare à un arrangement piano s’est fait sans heurts ? Cécile Veyrat a-t-elle eu toute latitude pour étoffer certaines choses, en simplifier d’autres ? Comment avez-vous travaillé les arrangements, pour trouver le juste milieu entre fidélité et rafraîchissement ? Comment passe-t-on, pour les plus anciennes chansons, d’harmonies à deux voix, à une seule ?
 
FP - Là, je dois dire que Cécile Veyrat, que j'adore humainement et artistiquement, a fait un travail au-delà de mes espérances. Bien sûr, je lui ai laissé le champ (le chant ?) libre. Elle a eu à sa disposition tous mes vieux enregistrements et les grilles d'accord. Et vogue la galère de sa création. Je lui avais juste dit que j'adorais les dissonances, avec lesquelles elle m'avait répondu n'être pas très à l'aise. Mais quand elle a arrangé "Madola", elle s'est bien "lâchée" ! Pour moi, il s'est agi d'une véritable renaissance de tous ces titres, une recréation, plus que d'un arrangement. Elle a sublimé le basique rapport harmonie / rythme / mélodie qu'un guitariste-compositeur peut seulement offrir. Avec des renversements d'accords, des contrechants, une main gauche tour à tour puissante ou caressante. C'est avec elle que j'ai vraiment découvert, comme je l'ai dit plus haut, que le piano est l'instrument idéal pour l'interprétation de la chanson.
Les premières chansons avaient été chantées à deux voix, mais il y avait toujours une voix prioritaire, la mélodie originelle. C'est celle-ci que j'ai reprise alors que c'était Allain qui la chantait à l'origine.

2ème partie

NB - Pourquoi Allain Leprest, malgré plusieurs propositions de ta part, ne t’as jamais donné de nouveaux textes – hormis "Avenue Louise Michel", que tu as failli remettre en musique, quand il avait un problème avec la version Pierron. Voulait-il couper en quelque sorte les ponts avec son passé ? As-tu été déçu par cette attitude ?
 
FP - Allain était un être du présent, du concret. Je sais que si nous avions eu l'occasion de passer quelques jours ensemble, j'aurais eu de nouveaux textes, écrits pour moi, pas sortis d'un fond de tiroir. Mais Allain n'était pas du genre à m'envoyer par la Poste une grosse enveloppe avec une dizaine de textes. Quand il écrivait, le plus loin qu'il envoyait ses brouillons était le fond de sa poche, et c'est celui qui était avec lui au bon moment qui en héritait. Je ne pense pas qu'on puisse dire qu'il coupait avec son passé, mais il est certain qu'il ne s'y est jamais accroché. Plus qu'une déception, ça a bien sûr été pour moi un regret de ne pas avoir su, ou pu, faire partie plus longtemps de son présent.
 
NB - Sa notoriété a-t-elle changé quelque chose à vos rapports ?
 
FP - "Oeuf corse", mais pas que. J'ai l'impression que c'est son professionnalisme plus que sa notoriété qui a changé quelque chose. Mais ça n'a rien cassé, bien au contraire. Il était encensé par tous les artistes que nous admirions lorsque nous étions jeunes. Il les rencontrait, les côtoyait. Une photo avec Francis Lemarque par-ci, une interview d'Higelin où ce dernier lui passait la pommade par-là... Ça m’impressionnait drôlement ! Pourtant, à chacune de nos rencontre, c'était bien l'ancien Allain avec qui je trinquais et discutais. J'ai même eu plusieurs fois l'impression que ça lui faisait du bien de vivre ces moments simples hors du "métier".
 
NB - Tu décris assez drôlement le petit phénomène de "cour" qui s’agglutine, même dans un festival haut de gamme comme Barjac, autour des gens connus. J’aime beaucoup ce regard décalé de l’ "outsider", et la tête qu’ils font tous (les officiels) quand Allain va t’embrasser toi, en les snobant eux. Est-ce que son amitié t’a ouvert des portes dans ce petit monde ?
 
FP - Le "petit monde" dont tu parles est très sélectif. Il sait pertinemment que j'existe mais a d'autres chats à fouetter. Pourtant, la deuxième année seulement où je suis allé à Barjac, Jofroi, quand nous nous sommes croisés, m'a dit, sans que je lui demande rien : "ton copain est par là" en m'indiquant la direction. Il n'a pas dit "Allain", mais "ton copain"... Et puis j'ai ma fierté aussi, je n'aurais pas aimé entrer dans ce monde-là juste parce que j'étais un copain d'Allain. Le même Jofroi, rencontré au Vigan alors qu'il venait voir et sélectionner pour le Festival le spectacle de François Philipponnat, m'avait expliqué qu’aucun spectacle n'était programmé à Barjac sans avoir été visionné. Malheureusement – mais sans surprise – malgré plusieurs invitations pendant quelques années, dont évidemment pour "Chansons du temps qu'il fait" joué une semaine en Avignon Off, personne ne s'est déplacé.

NB - Est-ce que Leprest t’a parlé de tes disques, tes chansons, ta musique ? Etait-il attentif aux autres, à ta vie (et tes éventuelles galères d’artiste moins reconnu que lui ?
 
FP - L'image que j'ai de la personnalité d'Allain oscille en permanence entre l'égoïsme et la générosité. Je pense qu'il était content pour moi que je continue la chanson. Il aimait bien nos rencontres. Il m'aurait donné son portefeuille s'il en avait eu un, son paquet de clopes ou sa chemise si j'en avais manqué. Comme il l'aurait fait avec n'importe qui, d'ailleurs. Mais, et Didier Dégremont l'a parfaitement fait comprendre dans ton propre livre, au fond de lui-même la vie des autres, pour paraphraser un de nos anciens Présidents, "lui en touchait une sans faire bouger l'autre".
 
NB - Qu’est-ce que le fait d’avoir côtoyé un tel géant de l’écriture a changé, dans ton rapport au texte ?
 
FP - Je n'en sais rien. Je n'en suis pas conscient. Jeunes, il y avait cette émulation lorsque nous écrivions côte à côte, ou lorsque nous nous montrions nos nouveaux textes. Alors il est probable qu'il y a eu influence, et pas forcément dans un seul sens. Mais nous avons aussi beaucoup lu les poètes, et Aragon par exemple m'a probablement beaucoup plus influencé qu'Allain, qui je le rappelle, n'était pas pour moi un "géant de l'écriture" mais un pote qui, comme moi, écrivait.
 
NB - Si tu voulais donner une porte d’entrée idéale à ton univers artistique personnel – hors Leprest – lequel de tes disques conseillerais-tu ? Pourquoi ?
 
FP - Ben, logiquement, le dernier ? En général, c'est celui qu'on préfère, non ? Et puis, même si le répertoire de "Cordes et lames" (c'est son titre) est un peu de bric et de broc, mêlant chansons très anciennes et nouvelles, il est le fruit d'une réelle réflexion sur le "datage" (il ne me semble pas que "datation" puisse s'employer ici) des orchestrations, qui suivent bien souvent des phénomènes de mode. Cet album est nu, dépouillé, guitare-accordéon-voix. Je reviens de plus en plus à l'essence, à ce que je décrivais plus haut : une mélodie et un instrument (ou deux) rythmique/harmonique. Laisser la place à la voix. Laisser la chance au texte. Lorsque je disais à Allain quelques années après la sortie de "Mec" que l'orchestration m'avait surpris et un peu "étouffé", il m'avait expliqué que pour les radios, la FM, nanana, nananère... Mais comme les sans-grades comme moi ne passent jamais en radio, faisons ce qui nous semble bon à faire, exerçons avec passion et détermination notre métier d'artisan : il est la racine et l'essence de celui d'artiste.

NB - Tu te définis comme un "chanteur de combat", il y a dans ton dernier album certains textes assez politiques, et aussi un hommage à Anna Marly… Est-ce que "chanson de combat" remplace dans ton esprit l’ancienne appellation "chanson engagée" (dont on s’est malheureusement beaucoup moqué) ? Quelle nuance personnelle y apportes-tu ?
 
FP - C'est sûr que j'ai un côté engagé, au sens politique et social du terme. Mais quand je parle de "combat", j'évoque aussi un combat pour la reconnaissance de la chanson, la vraie chanson, la chanson d'auteurs, qu'on appelait jadis "chanson à texte". Fin 19ème et pendant les trois-quarts du 20ème siècle, elle a eu pignon sur rue, de Béranger (Pierre-Jean De) à Béranger (François), de Bruant, Couté, Damia, à Trenet, Brassens, Ferré, Ferrat, Barbara, Brel, Lapointe, Lafforgue et tant d'autres. Et puis les lobbys ont écrasé la création. Aujourd'hui, la plupart d'entre eux n'auraient probablement même pas la possibilité d'enregistrer un disque. Marc Robine expliquait dans ses conférences que le métier de directeur artistique avait disparu des maisons de disque au profit de celui de directeur commercial. Quoi de plus explicite ? C'est ce combat là aussi où je suis engagé.
 
NB - Quand et comment as-tu commencé à développer ce travail sur les instruments – mêlant guitares et harpes pour créer d’étonnants hybrides ? Est-ce que tes possibilités harmoniques s’en trouvent augmentées ? Dans quelle mesure cela change-t-il ton envie d’écrire / composer ?
 
FP - Moi, je n'ai rien créé ! La guitare-harpe, qui est devenue ma compagne de scène, existe depuis le 19ème siècle et a eu une vraie vogue aux Etats-Unis au début du 20ème. Je l'ai découverte par hasard il y a deux ans, lorsqu'après un accident de santé (mon pauvre petit cœur a eu quelques ratés), j'ai passé un mois et demi à mater des vidéos sur Youtube. Je n'ai jamais eu de musicien régulier avec moi sur scène, et j'avais parfois l'impression de n'être, ce qui est somme toute assez réaliste, qu'un chanteur à guitare parmi des centaines de chanteurs à guitare. J'ai adoré le look de l'instrument, j'ai tout de suite deviné son impact visuel et l'apport musical des basses additionnelles et de sa réverb naturelle, le "corps creux" (hollow body) servant de caisse de résonance complémentaire. C'est un instrument très chaleureux mais difficile. Pour adapter certaines chansons, j'ai été obligé de changer fondamentalement mon jeu. Et d'en abandonner certaines pour lesquelles je n'ai pas encore trouvé de solution intéressante.
 
Pas de production industrielle, et il n'y a que deux luthiers qui en fabriquent en France. J'ai eu la chance que l'un des deux, Sean Woolley, ait son atelier à une heure de chez moi, et que de plus il ait développé une guitare-harpe classique, à cordes nylon. J'ai alors décidé que cet instrument serait mon bâton de vieillesse et ma carte de visite. Je suis maintenant un chanteur à guitare-harpe parmi DEUX chanteurs à guitare-harpe (en France).

NB - Tu dis, dans le livret de ton dernier album, que tu "ne pense(s) pas réenregistrer… ou alors autre chose". Peux-tu m’en dire plus ? J’ai l’impression d’y lire un adieu à la forme chanson. Après un album de rock, vers quels horizons musicaux entends-tu naviguer aujourd’hui ?
 
FP - C'est toujours agréable de voir qu'on n'écrit pas pour des prunes, et qu'on est lu ! Même si mon actualité me fait dire que je n'étais peut-être pas obligé d'écrire cette phrase. Oui, cette sensation d'être un parmi des centaines, voire des milliers, d'inconnus, me décourageait un peu. De plus, je n'écris plus, ou très très occasionnellement. Certains de mes derniers textes ont pris près de deux ans avant que je pose le point final. Alors j'avais l'impression d'avoir "fait le tour" de ce que je pouvais offrir. Mais c'est ça, une vie de créateur : des hauts, des bas et des rebonds. Et puis je l'ai découverte, elle, la guitare-harpe, et elle est mon dernier rebond en date. Non non, non non, la "forme chanson" n'est pas morte (air connu), car elle vibre encore, car elle vibre encore ! Je n'écris plus, mais je compose toujours. Et maintenant avec la guitare-harpe. Des copains et copines savent mieux écrire que ce que je me sens capable de faire en ce moment, et ils m'offrent de belles opportunités. J'ai très récemment mis en musique un texte de Romain Levet (qui m'avait déjà offert "Oiseau des fourches" sur mon dernier CD), un de Robinsonne qui vient de le graver avec ma musique sur son propre dernier CD ("Cuvée amis"), et un de Sylvie Roblin à qui je pense déjà en piquer quelques autres. L'amorce de mon prochain CD ? Probablement, d'ici 2 ou 3 ans, à ma retraite.
 
NB - Deux autres livres sur Leprest sont parus, dans la foulée de ton "Cri violet" : celui de Marc Legras, et le mien. Si tu devais pointer les qualités et défauts de chacun, que dirais-tu ? Est-ce que tu as l’impression que ces trois livres – plus celui, que j’aime beaucoup, de Thomas Sandoz, paru en 2002 – commencent à donner une idée juste de celui qui fut ton compagnon de route ? Quelles pistes restent, selon toi, à explorer plus en profondeur ?
 
FP - Nan, nan, nan, je ne vais pas m'aventurer sur le terrain de la comparaison de vos bouquins. Je ne saurais probablement pas le faire, de toute façon. J'ai aimé des choses dans les deux. Ils se complètent aussi, et ont pour point commun d'avoir été écrits en grande partie après le décès d'Allain, ce qui n'est pas le cas de celui de Sandoz. Celui-ci m'avait laissé assez froid. Trop analytique peut-être ? Les deux vôtres avaient plus de chaleur. Aucun ne se vante, à juste titre, d'être exhaustif, et encore moins le mien. Allain a eu plusieurs vies, plein de vies. Pratiquement personne ne l'a suivi dans tout son parcours sauf peut-être Didier Dervaux et Etienne Goupil un peu plus que d'autres. Depuis que j'ai commencé l'écriture du "Cri violet", je dis que tous ceux qui ont partagé un bout de route avec Allain devraient écrire "leur" Leprest. Ceux qui l'ont accompagné en musique, mais aussi celles qui ont partagé sa vie, et ceux qui l'ont programmé, ceux qui l'ont hébergé, ceux qui ont vécu ses ateliers d'écriture, ceux qui le retrouvaient au bistrot, ceux qui l'ont soigné même... Alors peut-être, on pourra avoir une vision plus claire de la personnalité complexe du bonhomme.

NB - Tu es peut-être le seul compagnon de route d’Allain Leprest des années 70 à avoir continué à être artiste sous ton nom, à avoir une actualité personnelle dans la musique. Comment expliques-tu cela ? Est-ce l’éloignement qui t’a permis d’y voir plus clair, d’éviter certains pièges ?
 
FP - J'avais choisi un métier d'artiste avant Allain : j'étais comédien quand lui enchaînait les "petits" boulots. Mais le spectacle professionnel a les même qualités et défauts que n'importe quel métier. Entre autres, il peut arriver qu'on enchaîne ses prestations de façon mécanique, qu'on n'ait pas envie certains soirs, qu'on aille "au boulot", "au chagrin". J'ai décidé un jour qu'on n'avait pas le droit de tromper à ce point le public, et j'ai repris mes billes. Un boulot "traditionnel" pour lequel je n'ai pas ces états d'âme, et le plaisir toujours renouvelé de remonter de loin en loin sur la scène, sans aucun souci alimentaire, toujours prêt à offrir plus qu'à demander. Ça a été mon choix raisonné et raisonnable, mais personnel. Je ne peux en vouloir à personne de vivre une autre vie.
 
NB - J’ai eu cette discussion avec des lecteurs, au sujet des chapitres consacrés à Didier Dervaux et Didier Dégremont, qui expriment un vrai chagrin – que les gens ont senti, ce qui en fait les chapitres les plus émouvants du livre – de n’avoir pas réussi à vivre de la musique. Je répondais à ces gens : "OK, Leprest, a réussi son œuvre… mais il est mort à 50 balais, malade et malheureux. Les autres ont fait quelques disques, ont disparu… mais se portent aujourd’hui comme un charme, à soixante balais ils sont heureux, amoureux… Alors qui est le plus à plaindre ?". Je provoque un peu en disant ça, mais c’est une question qui me taraude : vaut-il mieux réussir sa vie ou son œuvre ? En ce qui te concerne, où en es-tu de cette question ? Es-tu heureux ?
 
FP - Le bonheur, pfff ! Je suis d'un naturel anxieux, pour moi-même comme pour mon entourage. J'ai aussi le regard bien ouvert sur ce monde dans lequel nous vivons. On y crève de faim, d'injustice, de torture, d'inégalités, de pollution. Je suis engagé politiquement, et mes idées recueillent des suffrages très insuffisants à chaque élection alors que je pense faire partie de la catégorie sociale la plus bafouée mais la plus nombreuse : celle des travailleurs. Le bonheur, je ne pense pas qu'il sera pour moi tant que mon cerveau travaillera. Des regrets, par contre, parfois... Artistiquement, bien qu'amateur au sens social, j'ai toujours eu des réflexes de professionnel en ce qui concerne mes spectacles, considérant que le public qui a fait l'effort d'éteindre sa télé, de mettre son manteau et de prendre sa bagnole pour venir me voir n'a pas à supporter le fait que ce n'est pas mon "métier". Alors c'est vrai que j'ai du mal à comprendre pourquoi je n'ai jamais été programmé dans aucun festival consacré à la chanson. D'autant que tous ont plusieurs "niveaux" de programmation, et si je comprends que les grandes scènes soient réservées à des artistes consacrés, les petits lieux plus intimistes qu'ils ont pratiquement tous, les premières parties aussi (tellement abandonnées !), m'auraient ravi.
 
NB - J’aimerais conclure en reparlant de ton morceau emblématique, que tous les amateurs de Leprest connaissent, que beaucoup de ses interprètes reprennent – et qui vient de donner son titre à un spectacle de Philippe Torreton, désormais disponible en CD… "Mec" est absent des enregistrements de concerts que tu possèdes. Te souviens-tu de l’arrangement que vous aviez adopté pour cette chanson, à la fin du groupe ? Comment as-tu réagi, en l’entendant gravée ? Est-ce que l’arrangement choisi avait quelque chose à voir avec celui que vous jouiez ? Quelle version, enregistrée ensuite par les gens qui chantent Leprest, t'a le plus comblé ?
 
FP - Il existe quelque part, et peut-être même chez moi, un seul enregistrement de "Mec" avec le groupe. Nous l'avions enregistré en multipiste chez Jean-Claude Verdure qui avait du bon matériel et presque des conditions de studio. Je sais y avoir posé ma guitare, puis Allain sa voix, et Manu avait posé quelques notes. Je ne suis même pas sûr que Stéphane ait eu le temps d'y poser un saxo. Mais je n'ai jamais réentendu cette version depuis le jour où Manu y est intervenu.
 
Lorsqu'Allain m'a fait écouter l'enregistrement studio sur le "mini-crassette" de la cuisine chez ses parents, je n'ai pas reconnu ma musique. Toute cette orchestration ! J'ai même douté que ce soit la mélodie que j'avais composée, et il a fallu, plus tard, que je la chante avec ma guitare tout en passant le disque pour en prendre conscience. C'est bizarre comme impression. Mais j'étais quand même super fier ! Pas de doute, je préfère les versions plus sobres guitare-voix ou piano-voix. J'adore le phrasé et la voix de Loïc Lantoine, choix d'interprète tellement évident pour cette chanson. Mais je regrette que l'accompagnement de Romain Didier soit si spartiate, alors que c'est un grand compositeur, arrangeur et pianiste. Cécile Veyrat m'a offert un écrin somptueux pour "Mec" alors, si ce n'était pas moi qui chante, ce serait ma version préférée...


















 
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